Mes stages, les ECN et #PrivésDeMG

Que fait-on lorsque l’interlocuteur n’a pas entendu ce que l’on a dit? Ben on répète. Plus fort. C’est exactement ce qu’ont fait les 24 Médecins Généralistes de l’opération #PrivésDeDéserts, qui reviennent plus nombreux pour répéter leurs propositions afin de ne pas être #PrivésDeMG. Ceci me donne l’occasion de vous parler de moi (pour changer), de mes études et de la place qu’y tient la Médecine Générale (spoiler alert : pas lourd)

Personnellement, j’envisage la Médecine Générale comme spécialité future. (Petit aparté pour ceux qui débarquent : oui, la MG est une spécialité. Une spécialité générale, généralement une spécialité. Mais une spécialité quand même. Demandez à un Cardiologue de faire de la Médecine Générale, il sera au moins aussi paumé qu’un MG qui fait de la Cardio -et probablement plus). Le côté transversal, le fait de tout connaitre sur ses patients, tout ça m’attire dans ce métier. Mais bon, au final, moi la médecine gé, je la connais (un peu) par les médecins blogueurs, et par mon généraliste à moi -que je salue au passage, il m’a appris que tous les rhumes du monde se soignaient en buvant beaucoup d’eau-.

Parce que sinon, à la fac, quand on parle de Médecine Générale -déjà faut se lever tôt pour que ça arrive-, et ensuite une fois sur deux c’est dans un cas clinique fictif où le médecin traitant fait une boulette. Mr X, insuffisant rénal chronique, avait mal au dos, du coup son médecin traitant lui a donné des AINS (sous-entendu : gros naze le médecin traitant qui tue ses patients). Je grossis un peu le tableau, et parfois on tombe sur des PH (Praticiens Hospitaliers) qui reconnaissent le travail des MG et qui admettent d’eux-mêmes « Je serais incapable de faire ce métier« .

Mais ceux-ci sont finalement pas hyper nombreux, et pendant notre préparation aux ECN (Examens Classant Nationaux, le truc qui décide la spé et la ville d’affectation), on nous répète inlassablement « Il faut travailler pour pas finir médecin gé dans la creuse ». Au final, il y a tellement une dépréciation de la Médecine Générale à la faculté, associée à une méconnaissance totale de sa pratique, que ça en devient difficile de l’envisager comme métier futur. Et je ne parle même pas de cet acharnement envers la Creuse, même s’il faut admettre que même le nom du truc évoque un Trou Paumé.

Alors, si comme moi on envisage quand même la Médecine Générale, on aimerait bien voir à quoi ça ressemble pour de vrai, de l’autre côté du stétho. Et là, la solution miracle apparaît : le stage d’externe en Médecine Générale. Hallelujah, cris de joie et musettes qui résonnent. Laissez-moi vous expliquer : pendant les 3 ans qui composent l’externat (de la 4ème année, DCEM2 ou DFASM1 dans la nouvelle nomenclature, jusqu’à la 6ème année, DCEM4 ou DFASM3 – vous suivez toujours?) on a en tout 12 trimestres de stage, et donc l’occasion de passer dans 12 services différents. Et comme le stage de MG est obligatoire pendant cette période depuis je-sais-pas-quand-mais-c’est-dans-le-lien-du-début, ben c’est super, tous les étudiants en médecine pourront goûter à la Médecine Générale! (re-hautbois et musettes)

Oui, sauf que. Sauf que…

Sauf que dans une promo de plus de 400 étudiants, il y a en tout une vingtaine de places en stage de Médecine Générale par an. Soit, sur les 3 ans d’externat, 60 étudiants qui auront l’opportunité de passer 3 mois à découvrir la Médecine Gé. En sachant qu’environ la moitié de ces étudiants seront plus tard médecins généralistes, ça fait quand même au minimum 140 étudiants qui se lanceront dans ce métier sans vraiment savoir à quoi ça ressemble pour de vrai. Après 6 ans d’études c’est un peu osé mine de rien, faut pas avoir peur du vide.

Voilà où j’en suis personnellement. Je pense vraiment choisir Médecine Générale comme spécialité, mais seulement il est fort probable que je ne puisse pas en faire pendant mon externat. Je suis plutôt de nature à tout comparer, me renseigner au maximum avant de prendre une décision, alors ce saut dans l’inconnu m’effraye quelque peu… M’enfin, il me reste encore une vingtaine de mois pour y réfléchir, rendez-vous en 2015 pour le verdict!

4 réflexions au sujet de « Mes stages, les ECN et #PrivésDeMG »

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  3. « ça fait quand même au minimum 140 étudiants qui se lanceront dans ce métier sans vraiment savoir à quoi ça ressemble pour de vrai. Après 6 ans d’études c’est un peu osé mine de rien, faut pas avoir peur du vide. »
    Je fais partie de ceux-là. En fait c’est un peu l’ENC 2010 qui a décidé pour moi . J’avais fait une journée de stage en D2 chez un généraliste (que l’on qualifiera sobrement et pudiquement d’ « atypique ») et en plus c’était moins d’une journée car comme c’était en pleine campagne et que je n’avais pas la bonne adresse, je suis arrivée à midi.
    Au final tu sais quoi? c’est extraordinairement génial, la MG!
    :)

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